Journal de bord – n°10

Du 16 janvier au 20 février 2020 – de Trevelin à San Martin de los Andes

Notre chargeur d’ordinateur ayant rendu l’âme, on vous prie d’être indulgents si vous constatez des fautes de frappe (ou autre) ainsi que la mise en page qui diffère des précédents articles. L’exploit consiste en la rédaction d’un article de cette longueur via un smartphone et son petit écran !

Jeudi 16 janvier : Trevelin – camping Los Maitenes (34 km)

Qu’est-ce c’est beau l’Argentine ! Et qu’est-ce qu’on aime le soleil ! Un plaisir de rouler sur ces routes aux pentes agréables et aux paysages époustouflants. On rencontre une famille de voyageurs français avec deux adolescents entre autre. Aujourd’hui on entre dans un parc naturel qui a l’air splendide. On termine avec un petit vent de face mais on est tellement heureux que ça ne nous perturbe pas trop. Il y a plusieurs campings à disposition. Un peu par hasard, on en choisit un excellent. La place à disposition est gigantesque et il y a une plage au bord du lac. Après s’être installés, on part profiter du lac et Carine décide de s’installer à côté d’une famille avec enfants. Fausse bonne idée, c’est un chieur. On cuisine, on boit une bière près du feu et on se couche pas trop tard, les nuits sont un peu fraiches encore.

Vendredi 17 janvier : camping Los Maitenes – Playa El Francés (24 km)

Courage, du ripio nous attend ! Ce que personne ne nous avait dit c’est qu’au début du lac il y a plusieurs portions goudronnées ! Décidément l’Argentine est fantastique. L’étape du jour est avalée facilement. On visait un spot de camping sauvage et gratuit. Il est situé au bord du lac, la route est beaucoup plus haut. Le spot est vraiment magnifique et bondé, il y a également plein de vélos. Rapidement on sympathise avec nos voisins cyclistes français. Ils attendent des amis argentins qui devraient venir aujourd’hui. On se cuisine un bon plat de pâtes et les amis débarquent. Ils fêtent leur retrouvailles avec un « asado ». Leur petite fille et Faustine s’éclatent, elles ont quasiment le même âge. 22h, ils commencent à allumer le feu ! On passe un bon moment avec tous ces gens autour du feu et ils nous offrent un bon verre de vin ainsi qu’un peu de viande.

Samedi 18 & dimanche 19 janvier : Playa El Francés – camping Lago Verde (9 km)

Il fait très chaud, il y a du ripio, beaucoup de voitures et de poussières, des taons qui nous attaquent sans cesse. Il ne nous en faut pas plus pour décider de s’arrêter rapidement. Idem que la veille, le camping est au bord du lac et la route tout en haut. On a le choix entre le camping organisé ou la version un peu plus sauvage. C’est la douche froide, tout est complet. Heureusement, on a Faustine avec nous et on devient prioritaires pour le premier emplacement qui se libère. L’emplacement est tout au bout du camping, et a un accès quasi privé au bord du lac. La grande classe ! A tel point qu’on se décide rapidement d’y passer deux nuits. Fiers de nous, on file prendre l’apéro avant de retrouver notre emplacement de rêve pour y préparer le repas. Le camping est plein de jeunes mais la soirée ne sera pas trop agitée et on dort bien malgré la pente et le froid.

Dimanche, après le petit-déjeuner, Paride fait une lessive rapide et on part se balader dans un parc naturel en traversant une belle passerelle suspendue. Faustine fait le trajet dans le sac de portage, à l’aller avec papa et au retour avec maman. Il est très pratique ce sac, il lui manque par contre une poche. Carine a glissé son téléphone dans le soutien-gorge faute de poche et il n’a pas supporté la transpiration. Le téléphone est mort et on perd quelques photos ainsi que nos accès bancaires. De retour au camping on profite du lac, une petite sieste pour Faustine et on part voir le restaurant du camping pour l’apéro et le repas.

Lundi 20 janvier : camping Lago Verde – camping Bahia Solis (10 km)

On le savait en la descendant, la montée est très rude ! Après avoir rejoint la route, on continue à grimper avec la chaleur, les voitures, la poussière et les p*tains de taons ! On va pas insister, on n’est pas là pour se faire du mal. Malheureusement c’est les vacances et le camping est complet. Ils peuvent nous dégoter un petit emplacement sans confort mais Carine part en repérage vers le camping précédent. Il reste une place et elle sera pour nous ! Encore un très joli camping dans ce parc naturel bien qu’un peu moins bien entretenu. On profite encore du lac avec Faustine qui adore l’eau. On invente un repas avec les restes et ce qu’on trouve à l’épicerie. Ce sera du riz avec un oignon douteux et une purée de maïs. Faustine trouve des copains avec qui jouer, une famille argentine qui dort à côté de nous. On fait quand même un feu avec une bûche qui ne prendra jamais. La fatigue se fait vite sentir et on se couche tôt.

Mardi 21 janvier : camping Bahia Solis – Villa Lago Rivadavia (18 km)

Ce coup-ci, la route était quasiment au niveau du lac mais on commence l’étape par une très longue et difficile ascension. Les doléances sont toujours les mêmes : ripio, voitures, poussière, taons. Pas grand chose d’intéressant pour s’arrêter à midi, on se pose devant le panneau d’entrée du parc naturel. Les organismes sont très éprouvés, surtout Paride. La fin de l’étape est difficile après avoir beaucoup souffert sur la montée et pour le quatrième jour d’affilée avec le ripio, les voitures, la poussière et les taons. Carine avait repéré un spot de camping sauvage au bord d’une rivière et les français nous en avait parlé aussi. Paride aurait préféré un peu plus de confort et éviter d’installer encore une fois le campement. La rivière est assez belle et la place de camping dépourvue d’ombre et un peu sale. Une famille d’argentins avec deux petites filles sont à côté de nous. Elles jouent beaucoup ensemble. Un couple de zurichois qui voyagent en bus aménagé rejoignent notre autre voisin, l’allemand avec sa moto. On s’évite la corvée du repas mais Carine avait mal compris les horaires. 22h, les assiettes sont servies alors que Faustine s’endort presque. On avale notre repas avant de filer se glisser dans la tente. Paride dormira très mal et il fait relativement froid.

Mercredi 22 et jeudi 23 janvier : Villa Lago Rivadavia – Cholila 17 km)

C’est le dernier jour dans le ripio mais pas le meilleur. Le revêtement est de pire en pire et on termine avec une interminable ligne droite en plein cagnard avec beaucoup de poussière en plus des trop gros cailloux. Heureusement on termine sur un faux plat descendant goudronné. Il fait très chaud dans la ville quasi déserte. Après avoir pris des informations à l’office de tourisme on se dirige vers un joli petit hostel. L’endroit est très charmant et aménagé avec goût. On est fatigués et il fait vraiment très chaud. On sort quand même pour manger et on tombe sur une assez bonne adresse mais la seule de la ville.

Jeudi, comme d’habitude, on fait des courses et on profite des places de jeux. Petit bonus, on donne notre linge à laver. Après-midi, Paride s’attaque au nettoyage profondeur de Touftouf, Simone et Trevor. Ce coup-ci c’est Trevor qui fait des siennes. En sortant la roue arrière pour bien la nettoyer, le dérailleur tombe et il faut deux heures pour réussir à le remettre en place. Pendant que Paride galère, Carine nourrit l’enfant et on finira la soirée tranquillement en étudiant la suite du parcours.

Vendredi 24 janvier : Cholila – Epuyen (43 km)

L’étape du jour n’est pas très intéressante mais on avance assez bien et les pentes ne sont pas très raides. Les paysages, bien que monotones, sont incroyables, de vastes étendues vierges. La pause de midi se fera au bord de la route. 15h, le vent se lève et il est de mauvaise humeur. D’énormes rafales de vent dans les dents. On avance avec peine à 8-10 km/h. Arrivés à destination, c’est un village mort et le peu de logements sont tous occupés. On repart pour 3 km pour rejoindre notre hostel recommandé par l’office de tourisme. Bienvenus chez les hippies ! Un drôle de personnage allumé et va-nu-pieds nous accueille devant sa maison sortie tout droit d’un dessin animé. Chez lui, ça sent l’encens. S’il faudrait utiliser un seul mot pour décrire l’intérieur on parlerait de capharnaüm. Le propriétaire est très sympa mais on ne comprend pas trop tous ces gens qui viennent chez lui. Il part en ville avec ses amis et au réveil on en retrouve un peu partout dans la maison. On a assez bien dormi mais on n’est pas trop tristes de quitter ce lieu.

Samedi 25 au lundi 27 : Epuyen – El Bolsón (43 km)

On vous l’avait pas signalé mais on est sur la fameuse Ruta 40. Et il y a beaucoup de circulation. Parfois les conducteurs sont un peut trop stressés, tendus, nerveux et cons mais sinon ça va. On rencontre beaucoup de cyclistes, a tel point qu’on ne s’arrête plus pour discuter. Après la grosse ascension c’est la longue descente qui nous mène à la ville touristique d’El Bolson. On galère énormément à trouver quelque chose de disponible qui ne soit pas hors de prix ni hors d’état. On se rabat finalement sur l’hôtel qui restera à jamais gravé dans notre esprit en tant que la pire expérience. Ils refusent de prendre notre carte bancaire et exigent qu’on paye tout de suite. On n’a pas suffisamment d’argent sur nous et ils ne veulent pas nous garder la chambre. Paride s’énerve et ils finissent par accepter. On a mérité notre bière, direction le centre ! Le serveur nous explique (sans rire) que c’est une journée sans alcool dans toute la ville. Ils commémorent la mort de 3 jeunes fauchés par un ivrogne en voiture. Le jus de fruit n’est pas terrible. Le restaurant du soir n’est pas extraordinaire et les serveurs sont un peu insistants.

Dimanche tranquille, on fait quelques achats et on enchaine avec la place de jeux. Il y a un marché artisanal et on va y faire un tour pour manger des bonnes empanadas, un kebab et un sandwich. Après ce repas qualitatif, une bonne bière est nécessaire pour faire descendre le tout. L’ambiance est sympa et la musique bonne.

Aujourd’hui c’est prise de tête avec la mégère de la réception. Carine lui demande pourquoi on n’a pas pu utiliser notre carte alors que les autres clients le peuvent. Elle finira par nous crier dessus sans nous donner d’explications. Encore un peu de mécanique pour Paride aujourd’hui, le matériel commence bien à souffrir. Après quelques petits réglages sur les vélos on part faire du shopping. Une carte SIM pour Paride, un téléphone pour Carine et des chaussures pour Paride. On finit par boire une bière et beaucoup trop manger. On dormira mal d’ailleurs.

Mardi 28 janvier : El Bolsón – camping Kümelen (19 km)

On part sans trop savoir où on dormira mais en sachant qu’on ne fera que de la montée. Par chance ça n’est pas raide du tout et il fait assez bon (il manquera toujours 3 degrés à Carine). Lors de la pause de midi, on décide de s’arrêter très tôt pour profiter et se reposer. On repart de notre pause pour 3 kilomètres seulement. C’est un très charmant camping avec des « dormis ». En l’occurence, il s’agit de minuscules chalets avec un lit double et c’est tout. Il y a un espace pour cuisiner en commun et la douche est très chaude et très bonne. On passera beaucoup de temps à discuter avec les propriétaires et leur famille avant de se préparer un excellent plat de lentilles. Le lit est confortable, le chauffage inefficace et ill fait un peu froid. Quelle bonne idée qu’on a eu d’opter pour le « dormis » et non la tente.

Mercredi 29 janvier : camping Kümelen – Rio Villegas (38 km)

On continue la montée initiée la veille. Elle est relativement longue mais tournoie avec une pente agréable. Arrivés au sommet, Faustine se réveille et on fait la pause de midi. Un cycliste australien s’arrête discuter un bon moment avec nous. En repartant, Paride constate un bruit douteux au niveau d’une roue de Touftouf. Impossible à faire quoi que ce soit au bord de la route. La suite de l’étape est une courte descente suivie d’une courte montée (un peu plus dure) et terminée par une longue descente. Au bout de la pente, on est stoppé par le douanier un peu lourd et pas très rigolo. Ce soir il fera encore froid, on opte pour un hébergement bien au chaud. C’est très propre et très beau, on a une énorme cuisine à disposition et on profite pour préparer une ratatouille avec de la polenta agrémentée de saucisses. On est fatigués mais on se force à travailler un peu pour mettre à jour notre journal de bord que tu lis ! Dis-nous merci !

Jeudi 30 janvier : Rio Villegas – Villa Mascardi (33 km)

On commence par une très très longue montée mais heureusement pour nous la pente n’est pas forte du tout et on avance relativement vite. Autre point positif, aujourd’hui les chauffeurs de camions, bus et autres véhicules sont très corrects durant toute la journée. Après la grosse montée on fait une pause repas avec vue sur une grande partie des kilomètres gravis. On repart avec une belle descente qui comme toujours est beaucoup trop courte. La fin du trajet longe un lac. On le redoutait, c’est casse-pattes. Une deuxième pause s’impose pour reprendre son souffle et un peu d’énergie. On avait repéré un camping qui avait l’air pas trop mal malgré quelques avis négatifs sur iOverlander. Les avis étaient fondés ! Le propriétaire est un ivrogne qui profite des touristes arrivant tard et n’ayant plus le choix. Le camping est relativement propre et bien entretenu avec des sanitaires en bon état mais l’accueil a été très désagréable et le prix surfait. Par chance on a pu trouver facilement du bois pour se faire un joli feu avant d’aller se coucher dans la tente en pente. Paride dormira mal a cause de l’inclinaison mais heureusement la nuit n’est pas aussi froide que redoutée.

Vendredi 31 janvier au lundi 3 février : Villa Mascardi – San Carlo de Bariloche (37 km)

Le trajet du jour est relativement agréable malgré la chaleur. On longe deux lacs avec pour le premier un vent de dos et au bord du deuxième lac on fait une pause repas avant d’attaquer la dernière montée pas trop difficile. L’arrivée dans la ville est un peu plus compliquée à cause de la circulation mais rapidement on bifurque pour prendre un axe secondaire et descendre en direction du bord du lac. Aujourd’hui on a fêté notre 100ème étape ! On va se payer du luxe ! A notre dernier passage à Bariloche, on avait opté pour un Warmshower (le fou de vélos) mais il était excentré. Ce coup-ci on choisit un hôtel en plein centre et face à la cathédrale. Après avoir consulté les prix sur booking, on passe à la réception et c’est la douche froide ! Le prix est beaucoup plus élevé. On passe voir un second établissement et le résultat est le même. Du coup, on fait une réservation online avant de retourner au premier hôtel en payant beaucoup moins. La chambre est relativement spacieuse et il y a une connexion internet. On aura droit tous les jours à un bon buffet de petit-déjeuner.

Samedi, on est super efficaces avec une cape donc, et si tu comprends pas c’est que t’as pas lu tous les comptes-rendus ! On passe dans un supermarché pour faire nos provisions et on profite pour acheter des habits pour Faustine qui grandit. Ensuite on enchaîne avec, dans le désordre : une bonbonne de gaz, des autocollants de la Ruta 40, recharge de données pour le téléphone de Carine et des piles pour le filtre qui nous sert à purifier l’eau. On a mérité nos bières et nos plats de viandes arrosés d’un bon vin rouge. Excellent restaurant et service très agréable

Dimanche pluvieux et venteux, beaucoup d’établissements sont fermés et c’est assez triste dehors. On passe un moment au parc avec Faustine (lors d’une éclaircie) et on prend deux apéros pour oublier cette journée « inutile ». On reste dans le quartiers des bars à bières pour manger deux bons burgers avant de se coucher tous très tôt.

Lundi, après un copieux petit-déjeuner, on part voir notre ami de Bariloche Bikes. Il y un petit réglage à faire sur les vitesses de Trevor et surtout un gros problème de roulement pour Touftouf à résoudre. Les deux derniers jeux de pneus se sont usés à une vitesse folle. L’axe est tordu et les roulement à billes sont usés. On repassera récupérer tout ça ce soir. C’est une journée maussade, on ne fait pas grand chose. En fin d’après-midi on va boire notre petit apéro (bière) avant de retourner récupérer nos véhicules qui sont comme neufs. Pour le repas on choisit de manger dans un restaurant mexicain. La nourriture est assez bonne mais les plats pas assez copieux, on commande une troisième assiette avant de rentrer se coucher.

Mardi 4 février : San Carlo de Bariloche – Dina Huapi (16 km)

Petit trajet tranquille aujourd’hui. Il fait relativement froid avec pas mal de vent mais heureusement il est favorable. On est contents de reprendre la route comme après chaque pause. Merci à Bariloche Bikes qui nous a remis en état Touftouf et Trevor ! C’est tellement agréable de rouler sans bruit et en étant rassurés de ne plus user trop rapidement les pneus ! Décidément c’est les vacances pour tous les argentins ! On peine à trouver un logement. On a d’abord essayé l’hôtel où on avait séjourné à notre précédent passage mais il est complet tout comme les 4 cabañas suivantes. Finalement on trouve notre bonheur, un logement sur deux étages avec tout le confort (sauf internet). Une bonne douche chaude pour tout le monde avant de préparer le repas. Après la sieste de Faustine et papa, on part en ville pour boire un petit café et manger quelques chocolats. La région est réputée mais ils n’arrivent pas à la cheville de nos bons chocolats suisses qui nous manquent ! Après quelques petits achats, on rentre cuisiner le repas et profiter de notre soirée dans ce bel et généreux espace.

Mercredi 5 février : Dina Huapi – camping Don Horacio (38 km)

C’est marrant de rouler sur des routes connues à la différence près qu’on les attaque du sud au nord. On avait tellement adoré le camping Don Horacio qu’on y retourne sans trop hésiter. Au préalable on avait quand même essayé de s’arrêter au précédent mais il avait l’air moins bien. Les propriétaires se souviennent de nous. On passe une agréable fin de journée et on dormira très bien. Petite erreur à ne plus commettre : ne jamais se mettre trop près du lac avec la tente. L’emplacement est fantastique mais l’humidité très présente. A mi-parcours, on fête nos 4’000 km. Presque au même endroit que les 3’000 !

Jeudi 6 & vendredi 7 février : camping Don Horacio – Villa La Angostura (32 km)

Les paysages, on les connait mais on ne s’en lasse pas. Le parcours est valloné mais les montées sont très agréables et il fait très beau. A la pause de midi on se sent un peu comme des singes qu’on observe curieusement. C’est parfois un peu fatiguant d’être dévisagés sans qu’on vienne nous adresser la parole. On arrive en ville et on se dirige vers l’hostal conseillé par un hôte warmshowers qui n’a pas pu nous recevoir. C’est un très chouette établissement ouvert par des jeunes il y a environ un mois. Ils sont encore un peu en rodage et il manque quelques aménagements encore. Mais dans l’ensemble on s’y sent très bien. Il y a un très grand espace en commun à disposition avec une cuisine assez bien aménagée. Sur la place adjacente il y a une fête et des concerts, on verra si on arrive à en profiter le soir. Avant de prendre nos quartiers dans l’hôtel, on s’est précipités dans notre bar préféré tenu par Sylvie. Le soir, Faustine est fatiguée et après le bon repas au restaurant on rentre la coucher. On profitera indirectement de la musique depuis notre chambre.

Vendredi, on a quelques petits achats à faire, comme d’habitude les villes nous servent à faire des provisions pour la suite. Paride a également besoin d’une petite sacoche de cadre, la sienne étant en train de rendre l’âme. On trouve tout ce qu’on a besoin, profitons du jardin public et on boit encore un bon petit apéro.

Samedi 8 février : Villa La Angostura – camping Pichi Traful (52 km)

On avait tout bien planifié nos étapes suivantes. Des petits parcours pas trop fatiguant et des campings de rêve. Passé la mi-étape et avant d’attaquer une montée, on s’arrête pour manger au bord d’un très beau lac. Après avoir discuté avec le garde parc, on se dépêche de tout ranger pour repartir. Il y a un problème de virus avec un petit rongeur et le camping suivant est fermé la nuit. Au lieu des 10 km restants, il nous faudra en avaler 30 et en montée ! Il fait beau, c’est pas trop tard et le moral est intact. Les paysages sont splendides et on profite même de cet effort supplémentaire. On a le choix entre un camping aménagé au bord d’un lac mais situé à 4 km de la route dans du ripio ou un camping sauvage au bord d’une rivière. Fainéants et radins on choisi la deuxième option. Après avoir trouvé un super emplacement malgré la foule, on essaie de se baigner dans l’eau gelée de la rivière. Les gens sont curieux et on échange avec pas mal de voisins sur notre périple. Un peu plus tard, une famille aisée vient s’installer près de nous. On parlera beaucoup avec eux aussi et ils nous invitent chez eux à San Martin de los Andes pour un repas. On passera une excellente nuit bien reposante malgré le froid.

Dimanche 9 & lundi 10 février : camping Pichi Traful – camping Lago Hermoso 24 km)

Une assez jolie étape encore malgré la montée un peu longue. Sur la deuxième partie du parcours on profite pour s’arrêter manger au bord de la route. Il y a énormément de cyclistes qui roulent sans bagages. En queue de peloton, un bus qui transporte toutes leurs affaires. Ils sont très sympas et nous font des signes en nous félicitant. Avant de repartir pour la fin de l’étape, un couple de chilien fait demi-tour pour venir nous parler. Ils voyagent en camping car et aimeraient faire un voyage à vélo (elle est enceinte du premier). On arrive au camping du Lago Hermoso (Lac magnifique). Il porte bien son nom ! Comme la veille on a avalé deux étapes en une, on décide de s’y arrêter deux jours. Il fait bon et l’eau n’est pas trop froide. C’est un camping assez sauvage mais avec beaucoup de commodités : eau chaude, wifi, emplacement de rêve et bières ! On aura fait une petite erreur en posant la tente, une contre-pente mais au final ce n’est pas trop grave et on accepte de dormir penchés.

Lundi, on a une journée entière pour profiter, se reposer et se baigner ! Une journée parfaite en soi. Faustine fera une longue sieste dans Touftouf au bord du lac et les parents sont heureux. A l’heure de l’apéro on invite une cycliste qui voyage seule à se joindre à nous. Elle n’est pas très sportive et devait voyager avec une amie qui lui a fait faux-bond. On l’avait croisée la veille sur la route en pleine souffrance sur une montée. Elle nous impressionne et on est heureux de lui offrir une bière et de pouvoir discuter ensemble.

Mardi 11 au jeudi 13 février : camping Lago Hermoso – San Martin de los Andes (40 km)

Une étape très réjouissante, après une montée pas trop pénible, on attaque une longue descente vers San Martin. C’est grisant et ça va très vite. La dernière partie se fait en longeant le lace et, encore une fois, c’est magnifique ! En arrivant en ville, on file faire une belle photo de nous au bord du lac avant de prendre un goûter et essuyer une belle averse d’été. On pensait dormir dans un bike hostal mais il est plein. Ils nous conseillent un autre hostal qui s’avère être très charmant. Un grand espace en commun avec cuisine équipée et un bon petit-déjeuner avec des confitures maison. Sur conseil des propriétaires, on part déguster une bonne bière artisanale (encore une IPA) et on se remplit la panse.

Mercredi, après le petit-déjeuner Carine part faire des courses avec Faustine pendant que Paride met à jour le site et le carnet de bord. On prépare un petit repas avant de mettre Faustine à la sieste. En fin d’après-midi on sort voir la ville envahie de touristes. On prend un bon petit goûter et on se balade encore un peu. Carine nous a dégoté un super restaurant pour le soir. On a une vue directe sur le asador (l’homme qui cuit toutes les viandes). On décide de goûter un peu à tout et on est un bien repus en rentrant se coucher.

Jeudi, à peu près le même programme de la veille. Il fait bon et après le repas on met Faustine à la sieste dans Touftouf dehors et on profite du soleil pour planifier la suite du voyage. L’après-midi est consacrée à de petits achats mais est écourtés par une énorme crise de Faustine qui se couche dans le magasin Elle n’a pas apprécié de ne pas pouvoir prendre le vélo du magasin … Ensuite on se met à la recherche d’un restaurant. Ils ouvrent tous trop tard pour nous. C’est pas grave, on connait une bonne adresse qui sert une excellente IPA.

Vendredi 14 février : San Martin de los Andes – Junin de los Andes (50 km)

Pour sortir de la ville on commence par une assez longue montée. Elle n’est pas trop raide et on l’avale relativement facilement. La suite du parcours est très plaisante, de beaux paysages quasiment désertiques sur un faux-plat descendent avec le vent de dos. On s’arrête à l’abri du vent et au bord d’une rivière pour manger. Paride est fatigué mais il tient le coup. En ville c’est la grosse fête. Un festival de rodéo avec beaucoup d’animations. Le hic c’est qu’il n’y a quasiment aucun hébergement de disponible. Par chance et après 8 km, on réussi à dégoter une grande chambre suite à un désistement. L’hôtel est à l’autre extrémité de la ville, la chambre est très spacieuse, on aura un petit-déjeuner le lendemain et la douche très chaude avec beaucoup de pression. Comme la place et ses animations (foire) est trop loin, on ira au campo voir le rodéo. C’est très typique et il n’y a quasiment aucun touriste ! Après avoir regardé quelques cavalcades, c’est l’heure de manger. Une demi-douzaine d’empanadas et une milanesa plus tard on rentre se reposer.

Samedi 15 & dimanche 16 février : Junin de los Andes – lac Curruhué *abandon (38 km)

Aujourd’hui, 30 km de ripio nous attendent. Il fait assez beau mais comme la veille le vent fera partie de la journée à la différence près qu’on l’aura de face. La sortie de la ville est assez tranquille puis on attaque le ripio. Il est en assez mauvais état et les rafales de vent se font de plus en plus fortes. Après plus de 20 km de ripio, on est résignés et on décide de faire demi-tour. En distance, on était plus proche de l’arrivée mais il nous aurait fallu plus de deux heures et Paride n’arrive plus à avancer. Comme la veille, tout est plein. On hésite pas trop et on se rabat dans un camping à l’entrée de la ville. Il est plein mais il y a toujours de la place. Ce n’est pas le plus bel emplacement mais on est heureux d’avoir pu trouver rapidement une place. Les gens font la fête et il y a de la musique un peu partout. Presque autant de musique que de cadavres de bières. La nuit n’est pas trop froide et hormis les moteurs des voitures qui tournent dans le vide c’est assez calme.

Dimanche, les gens quittent le camping tout au long de la journée. On profite de rester au calme et jouer avec Faustine. En début d’après-midi Paride attaque un nettoyage de la chaine qui a subi le ripio de la veille. Le câble du dérailleur arrière casse et heureusement qu’on peut compter sur le soutien de Ferrero Cycles à distance. Après un appel vidéo les bons conseils sont donnés et le câble changé. On part en ville pour profiter de la fête avant d’aller manger dans un restaurant pour le moins animé. Ce soir il y a match et c’est River Plate qui enflamme les clients !

Lundi 17 février : Junin de los Andes – San Martin de los Andes (41 km)

En partant ce matin, on sait pas trop où s’arrêter. On sait qu’on aura un faux-plat montant avec pas mal de circulation mais entièrement goudronné. On sait également qu’on aura droit à un vent de face sur la quasi totalité du parcours avec des rafales annoncées à plus de 60 km/h. La météo ne se trompe jamais et c’est dur d’avancer ! Notre première idée de logement tombe à l’eau. Les hostels sont fermés, on continue notre recherche. Après un hôtel trop cher, un camping fermé, beaucoup de vent et de plus en plus de circulation, on arrête de s’embêter et on se paie un peu de luxe. Une chouette cabañas sur deux niveaux sera notre havre de paix pour cette nuit. Carine part faire des courses pendant que papa s’occupe de Faustine. A son retour on s’alterne pour les douches et on mange un bon petit plat préparé avec amour par Carine. Une fois Faustine couchée, on s’ouvre une bonne bière (Patagonia 24.7) et on profite pour travailler sur le parcours et le carnet de bord bien au chaud et confortablement installés.

Mardi 18 & mercredi 19 février : San Martin de los Andes – camping Puerto Arturo (24 km)

On avait deux parcours à chois pour la première partie. D’un commun accord, c’est l’option avec la pente la moins raide qui est choisie. Le début est assez difficile, le ripio se succède au sable où on s’enlise et les montées sont quand même parfois raides. Arrivés sur la route principale, le ripio est assez bon et on avance mieux. Après une pause repas on attaque la seconde moitié. Les 4 derniers kilomètres sont assez difficiles, on retrouve le même revêtement qu’au début du parcours. C’est un très beau camping isolé et quasi désert. On a droit à un emplacement isolé et bien abrité du vent. Cette semaines, les rafales de vents sont assez violentes. Après les 4 heures de trajet, Paride est assez fatigué. La soirée sera assez tranquille, après un bon petit repas on passe une partie de la soirée devant le feu avant de se coucher tôt pour se reposer (et pour éviter d’avoir trop froid).

Mercredi, il fait beau, le vent est toujours présent mais le soleil chauffe bien. La journée sera très tranquille et rythmée par les repas, les siestes et les moments de jeu. En soirée, on allume encore un joli feu. Il faut dire qu’on a un gros stock de bois (branches mortes) tout près du campement. Comme la veille, on se couche tôt et on récupère bien.

Jeudi 20 février : camping Puerto Arturo – San Martin de los Andes (23 km)

On est venus avec le vent de face … On repart avec le vent de face … Aujourd’hui Paride est en super forme et c’est la dernière étape avant de faire une bonne pause. Il impose un bon rythme presque trop rapide. La vingtaine de kilomètre est vite avalée (avec une pause repas à mi-parcours). Le vent n’aura pas été trop gênant pour finir. Une petite frayeur pour Paride sur la grosse descente en fin de parcours, on atteint les 70 km/h avec Touftouf lorsqu’on aperçoit, trop tard, un gros renfoncement sur la route. Personne n’a décollé et on finit tranquillement l’étape ! On retrouve notre belle cabañas d’il y a 3 jours. On s’y sent toujours aussi bien. A peine arrivés on lave tout : Paride, Carine, Faustine, Plektor (doudou), Simone, Trevor, Touftouf, chaussures, … Tout est plein de terre tellement fine qu’elle s’infiltre partout. Ça fait du bien de retrouver toutes nos affaires propres. Demain ou après-demain on amènera nos habits à la laverie et tout sera comme neuf ! Maintenant il est temps de (trop) boire et (trop) manger.

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