L’interview

Salut les Ploucs, l’interview de Carine & Paride. On va jouer le jeu jusqu’au bout et répondre aux questions sans se concerter.

01. Quel est ton meilleur moment ?
Carine : Il y en a eu plein, mais voir Faustine courir dans la mer à Monte Hermoso et être tellement heureuse dans l’eau, c’était vraiment merveilleux.
Paride : Un souvenir incroyable à la fin d’une des journées les plus difficiles. Ce jour là on a roulé pendant 10 heures pour traverser la frontière au Paso Cardenal Samoré. J’ai énormément souffert mais j’ai pu compter sur l’indispensable soutien de Carine et de Faustine.


02. Et le pire souvenir ?
Carine : Une belle frayeur à Temuco (Chili), on s’est retrouvés au mouvais endroit au mauvais moment durant le soulèvement populaire. Suite à des détonations, une foule de gens s’est ruée dans notre direction en hurlant . On n’a pas cherché à comprendre, on a jeté Faustine dans Touftouf et sommes partis le plus vite possible.
Paride : Une de nos premières expériences dans le « ripio ». Pour éviter de suivre un gros axe, on a fait un détour qui suit une route recouverte de (gros) cailloux. C’était quasiment impossible d’avancer et, la fatigue aidant, j’ai littéralement pété un plomb.


03. Si c’était à refaire, que changerais-tu ?
Carine : Je ralentirais la cadence dès le début pour profiter plus de la vie locale, des rencontres et moins mettre nos organismes dans le rouge.
Paride : J’aurais bien dit éviter les pandémies et les émeutes mais je crois que c’est difficile à anticiper.


04. Quelle est ta plus grande frustration ?
Carine : De ne pas avoir fait l’ascension du volcan à Pucon. En fait non, de ne jamais avoir pu vivre sans insouciance le moment présent, boire plus que de raison et juste profiter des soirées locales jusqu’au bout de la nuit.
Paride : Il y en a eu quelques unes mais clairement, la plus grosse de toutes est de ne pas pouvoir arriver à vélo chez nous !


05. Son plus gros défaut pendant ce voyage ?
Carine : Son caractère têtu, il ne revient jamais sur une décision.
Paride : Elle n’en a pas voyons ! Si ce n’est qu’elle est têtue (comme moi), qu’elle n’a pas pris soin du matériel (mais moi j’aime le faire) et qu’elle a réussi à répondre à cette question sans hésiter.


06. Et sa plus grande qualité ?
Carine : Son caractère têtu, il ne revient jamais sur une décision, c’est un battant et c’est grâce à ça que nous avons plus réaliser ce voyage extraordinaire en passant dans des endroits pas du tout adéquats pour un convoi comme le notre.
Paride : La manière qu’elle a de s’adapter à toutes les situations. Rien ne lui parait impossible !


07. Selon toi, quel a été le moment le plus difficile ?
Carine : Toutes les routes en ripio ou Paride peinait à avancer, était à bout et moi je ne savais pas comment l’aider. Mais plus particulièrement les 2 jours suivants la traversée de la frontière Argentine à Futaleufu ou il était pratiquement impossible d’avancer dans les galets, même à plat.
Paride : C’était une des dernières étapes avant de quitter définitivement le Chili. On avait enchainé plusieurs jours de pluie et de froid et on savait que le soleil nous attendait côté argentin. On a roulé une journée entière sous la pluie sans pouvoir faire de pause à midi. En plus de l’épreuve physique, j’arrêtais pas de penser à Faustine qui était enfermée dans sa remorque.


08. En quoi Faustine t’as surpris·e ?
Carine : Sa capacité à s’adapter à tout et à être bien partout, qu’il y ait du vent ou de la pluie ou qu’on doive dormir dans la tente au froid, elle est toujours de bonne humeur.
Paride : Le plus incroyable chez elle c’est la manière qu’elle a eu de s’adapter à toutes les situations. Quand on lui demandait d’être patiente parce que c’était des journées difficiles, elle restait calme. Quand on s’arrêtait chez des gens, elle trouvait tout de suite ses marques. En général, si ça se passait mal avec elle c’est parce que ça se passait mal entre ses parents. C’est son papa tout craché cette petite !


09. Avez-vous fait une ou des erreurs de matériel (choix, entretien, …) ?
Carine : Je suis partie avec des chaussures à clips que je n’ai pratiquement pas utilisées et qui étaient assez lourdes dans mes sacoches.
Paride : LA grosse erreur, qu’on a payée tout au long du voyage, a été d’oublier de changer les pneus de la remorque. On a choisit des pneus increvables pour les vélos et on n’a presque pas eu de crevaisons. Pour la remorque, on ne compte presque plus le nombre de changement de pneus et les tacons sur les chambres à air !


10. En parlant du matériel, qu’est-ce qu’il n’aurait pas fallu oublier ?
Carine : L’économe, cet ustensile tellement pratique qui permet d’éplucher des carottes n’importe où, même au bord de la route.
Paride : L’huile pénétrante (type WD40) sans aucun doute qui nous a plusieurs fois été d’une aide cruciale. Elle nous a permis de débloque les vis grippées, graisser toutes les parties qui grinçaient énormément, nettoyer la graisse qui s’accumulait.


11. Et pour finir, quel objet dispensable est indispensable pour vous ?
Carine : Les chaises pliables, rien de tel que de pouvoir repose son dos après ou pendant une journée de vélo, c’est l’élément indispensable, on les a utilisées à l’extérieur en bivouaque aussi bien qu’à l’intérieur dans nos chambres d’hôtel ou appartements.
Paride : Les enceintes portables ! On avait décidé de ne pas en prendre mais 8 mois sans musique c’est invivable. Pour finir, on en a acheté et on les utilisait tous les jours. 


12. Qu’as-tu découvert chez l’autre ?
Carine : Qu’il ne supportait pas les mouches, sérieusement, je sais que personne n’aime les mouches mais lui c’est pas pareil 🙂
Paride : J’ai appris à connaître la bourlingueuse qui sommeillait en elle. C’est pas faux quand on dit que les femmes sont plus fortes que les hommes. Et pourtant je suis un macho italien du sud !


13. Qui a raison quand vous vous disputez ?
Carine : Moi
Paride : Personne, quand deux têtes de mule se font face ça ne peut que s’échelonner (mais au final c’est moi qui gagne quand même).


14. La meilleure bière du voyage, c’est laquelle ?
Carine : Une IPA au Viejo Fred (Villa la Angostura), on avait passé beaucoup trop de temps au Chili et la traversée du col avait été vraiment dure, la découverte des bières argentines fût pour moi une révélation, un bonheur indescriptible.
Paride : La bière de la fin d’étape ! Et plus sérieusement, toutes les IPA en argentines mais plus particulièrement celles de la brasserie de San Martin de los. Andes (Fassbier Cerveceria). On y est retournés plusieurs fois d’ailleurs.


15. Selon toi, quel était le pire repas ?
Carine : On s’est arrêtés sous un couvert sur la Carretera Austral, il faisait super froid et pleuvait averse, on était trempés et comme souvent dans les situations difficiles, on se faisait la tête… J’ai avalé rapidement quelques biscuits et en ai donné à Faustine (Paride ne voulait pas manger et tremblait à côté de moi). On est repartis sous la flotte, transits de froid .
Paride : Au Chili on a souvent mal mangé. Mais le pire souvenir n’est pas le pire repas, on voulait fêter notre anniversaire de couple en s’offrant un bon restaurant proche du centre. On a eu droit a une tambouille composée de viande médiocre, frites en quantité et recouverte de deux oeufs.


16. Et si il fallait choisir la pire nuit ?
Carine : Je ne sais pas, je dors plutôt bien en général.
Paride : A Dina Huapi, en repartant de Bariloche. On avait trouvé une très belle cabaña sur deux étages mais on s’était un peu (beaucoup) disputés. Impossible de trouver le sommeil, j’ai fini par faire une nuit blanche.


17. Il y a eu beaucoup de positif, parle-nous du meilleur hébergement.
Carine : Le camping Don Horacio au bord du lac (vers Bariloche) était vraiment magnifique.
Paride : C’est peut-être un peu absurde mais c’est une nuit sous tente en Argentine. On s’était arrêtés dans un petit village où on a planté la tente sur la place. Après avoir passé un peu de temps à la garderie et partagé avec les voisins, j’ai passé ma meilleure nuit sous tente.


18. Et physiquement, comment ça s’est passé ?
Carine : Plutôt bien, assez difficile au début puis le corps s’est habitué et il faut dire que je ne trainais pas le remorque donc mon effort était rarement aussi intense que celui de Paride. Je pense que j’ai du perdre quelques kilos mais grâce au mois de confinement à la fin du voyage, ils n’ont pas été bien loin.
Paride : Passablement bien. C’est incroyable de se rendre compte ce qu’un corps peut endurer et comment il est capable de récupérer. On a quand même appris à lever le pied et surtout à être à son écoute. Et c’est moi le plus fort (voir réponse numéro 13).


19. Quelle leçon tire-tu du voyage ?
Carine : Vivre à l’extérieur c’est pas facile mais c’est aussi génial de se rendre compte qu’on peut vivre avec presque rien et que ce qui compte en fait c’est d’être ensemble.
Paride : Je pense qu’à nous trois on a réalisé quelque chose d’un peu fou. On s’en rend pas bien compte et il y a des gens qui ont fait bien pire mais je suis très fier de notre famille et je me réjouis de pouvoir prendre du recul pour apprécier encore plus cette expérience. Ah, j’oubliais, maintenant je sais que j’aime pas les pandémies.


20. Le mot de la fin ?
Carine : C’est quand qu’on repart?
Paride : C’est pas fini ! On a des projets et des envies. Ce voyage c’était aussi l’envie de rentrer et commencer une vie nouvelle.


21. Question bonus. Quelle est la photo de ton conjoint que tu ne devrais pas publier ?

Carine : Vivement qu’il se remette au vélo quand même …

Paride : Vous aller comprendre pourquoi elle ne fait jamais de selfie des pieds …

PS au moment où vous lisez cet interview, nous sommes dans un taxi qui nous mène à l’aéroport !
A très bientôt très cher Plouc !

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4 commentaires pour “L’interview

  1. Merci pour nous avoir fait partager cette merveilleuse aventure et bravos à vous 3 pour votre courage et détermination. Bon voyage de retour et j’ai hâte de vous revoir 😘

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